Aluminium
40 millions de tonnes d’aluminium primaire ont été produit en Chine en 2022. L’aluminium est un bon conducteur électrique et thermique, il s’oxyde rapidement mais forme une couche protectrice d’alumine, tout en étant légère. Les mines se situent en Australie, Guinée et Chine. Le raffinage de ce minerai est très énergivore et a souvent lieu en Asie.
Son rôle dans la vitre
Il est utilisé pour renforcer le verre de la vitre et éviter les rayures. La bauxite est une roche sédimentaire blanche, rouge ou grise, caractérisée par sa forte teneur en alumine Al2O3 et en oxydes de fer. Cette roche constitue le principal minerai permettant la production d’aluminium.
Exemple :
La production de la Grèce, principal pays producteur de l’Union européenne, est, en 2020, de 1,368 million de t. En septembre 2023, Mytilineos, producteur grec d’aluminium, qui possédait une capacité de production de 570 000 t/an de bauxite, a acquis les mines, souterraines, grecques de bauxite du groupe français Imerys et ainsi est devenu avec 1,2 million de t/an le principal producteur de bauxite de l’Union européenne. Les exploitations minières sont à 80 % à ciel ouvert. En général, dans ces exploitations, le gisement de bauxite se présente sous forme d’une couche horizontale de quelques mètres d’épaisseur (en moyenne de 7 à 8 m) située à faible profondeur, parfois moins d’un mètre, sur une surface de plusieurs km2. Le sol recouvrant le gisement est généralement stocké afin, après exploitation, de réhabiliter le site.

L’impact de l’exploitation à sol ouvert
Le premier impact social majeur réside dans la dépossession foncière. Pour atteindre le minerai, des surfaces forestières et agricoles colossales sont décapées, entraînant l’expulsion de communautés rurales et de peuples autochtones. Ces populations perdent non seulement leur habitat, mais aussi leur ressource alimentaire, car les terres deviennent stériles pour des décennies. La santé des populations entourant ces mines est aussi mise en danger. L’extraction de la bauxite libère des poussières fines qui saturent l’air, provoquant des pathologies respiratoires chroniques chez les riverains. Cette industrie attisent souvent les tensions politiques et les inégalités. Dans de nombreux pays exportateurs, on observe un décalage frappant entre les profits massifs des multinationales et la pauvreté persistante des zones minières. Ce sentiment d’injustice nourrit des conflits sociaux réguliers, où les revendications pour des compensations justes ou des infrastructures de base se heurtent parfois à une répression sévère.
Le cas de l’État de pará
Au Brésil, dans l’État de Pará, résident plusieurs communautés d’indigènes de quilombolas. Depuis 1970, 35 communautés quilombos tentent de résister à l’activité de la compagnie minière : Mineraçao Rio do Norte (MRN) qui possède plusieurs territoires. Les activités de la compagnie et d’autres compagnies minières ont déjà forcé le déplacement de centaines de familles quilombos auparavant. Ces compagnies sont notamment responsables de la déforestation de plusieurs terres près de celles des Quilombos. Par conséquent, la communauté se retrouve démunie de terres fertiles. Pour ces habitants, la terre n’est pas une marchandise, mais un espace de survie et de spiritualité que l’industrie divise par des clôtures, des routes privées et des zones de sécurité interdites d’accès. Cette crise est exacerbée par un profond déséquilibre des pouvoirs, où l’État brésilien favorise souvent les intérêts macroéconomiques au détriment des droits humains fondamentaux. Les leaders locaux qui osent dénoncer les impacts environnementaux ou contester la légitimité des concessions minières font face à une répression constante, oscillant entre harcèlement judiciaire et violences physiques. Dans le Pará, le conflit lié à l’aluminium ne se limite donc pas à une simple dispute de bornage foncier ; c’est un combat pour la reconnaissance de l’existence même de communautés qui refusent d’être sacrifiées au nom de la croissance industrielle mondiale.
Sources