Étain


Étain

62 % de la production mondiale de l’étain provient des gisements chinois, péruviens, boliviens et australiens. L’étain est un minerai qui est malléable, et qui possède une basse température de fusion. Il se trouve surtout en Chine, en Indonésie, en Birmanie, au Pérou, et en Bolivie. On utilise de l’étain pour doper l’oxyde d’indium (In2O3) ce qui offre une bonne transmission dans le domaine spectral du visible (495 et 555 nanomètres).

Son rôle dans la vitre

Utilisé sous forme d’oxyde d’indium-étain (ITO) (voir fiche INDIUM), il présente l’avantage d’avoir une excellente conductivité électrique tout en restant un transparent optique sous faible épaisseur.

Exemple :

La production d’étain en Chine est principalement concentrée dans la province de Yunnan, où la société Yunnan Tin Group est le plus grand producteur d’étain au monde. Les autres producteurs d’étain en Chine sont la China Tin Group, la Guangxi China Tin Group et la Gejiu Zili Mining and Smelting Co. Les mines d’étain chinoises sont souvent de petite taille et exploitées par des travailleurs locaux, ce qui peut poser des problèmes en matière de sécurité et de protection de l’environnement.

Destruction de la nature

L’étain est un minerai très demandé aujourd’hui. Son extraction se fait principalement sous forme de cassitérite. Mais aujourd’hui sa production comprend de nombreux enjeux. Premièrement, la création de sites miniers détruit les habitats naturels et provoque de forts dégâts écologiques, ce qui va modifier les paysages et bouleverser les écosystèmes. Les zones d’extraction peuvent être terrestres ou marines, et la pollution de ses lieux, va finir par s’intégrer à la chaîne alimentaire. Les eaux subissent les conséquences du dragage et du lessivage des sols. Le dragage des fonds marins soulève les sédiments qui étouffent les récifs coralliens. Alors que sur terre, le décapage des sols crée des cratères qui eux se remplissent de solutions acides. Les stériles, donc les résidus de roche broyée, vont aussi être abandonnés sans protection, ils vont donc contribuer à la pollution des eaux à cause des ruissellements lorsqu’il pleut. Les mines, en détruisant les paysages, vont en même temps détruire les activités habituelles des populations comme la pêche ou l’agriculture. Enfin, le traitement de l’étain dans les fonderies pollue l’air.

L’île de Bangka en Indonésie

L’île de Bangka en Indonésie est l’un des lieux principaux de production d’étain, or celle-ci est aujourd’hui défigurée par l’exploitation. Pourtant, les entreprises et géants du numérique continuent de s’y approvisionner malgré le coût humain et écologique que cela engendre. Depuis plusieurs années, des études montrent que le dragage intensif a détruit plus de la moitié des récifs coralliens autour de l’île et a détruit la biodiversité marine locale. En plus de cela, les résidus miniers sont déversés dans la mer et sur les côtes. La destruction des coraux entraîne, à son tour, l’effondrement des stocks de poissons, empêchant les pêcheurs de gagner leur vie. Sur terre, les sols deviennent stériles et empoisonnés, ce qui impacte aussi le secteur de l’agriculture. Malgré les alertes des ONG et la mort régulière de mineurs dans des puits artisanaux, les travailleurs et habitants de Bangka ne voient pas les choses changer, faute de traçabilité réelle des minerais et d’investissements pour une extraction respectant l’environnement et les droits humains.

Sources

  1. Gisement
  2. Yunnan Tin Group
  3. Amis de la Terre
  4. FranceInfo
  5. Tv5monde