Graphite


Graphite

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Le graphite est une forme cristalline de carbone naturellement présente dans certaines roches, reconnue pour sa conductivité électrique et sa résistance à la chaleur. Ce minéral est principalement utilisé dans la fabrication de batteries, de réfractaires, de lubrifiants, et d’électrodes, jouant un rôle clé dans de nombreuses applications industrielles et technologiques. La Chine est de loin le plus grand producteur de graphite : le pays a « extrait environ 77% des 1 600 000 t de graphite naturel produites en 2023, soit 1 200 000 t » et compte pour près de 54% de la production de graphite synthétique (avec 1 300 000 t annuelles, contre 400 000 t pour le Japon et 200 000 t pour l’Inde).^1^ Malgré l’importance de sa production, la Chine est contrainte d’importer du graphite pour pouvoir produire près de 90% des anodes en graphite dans le monde. Le pays a ainsi importé près de 93 000 tonnes en 2022, majoritairement du Mozambique, et de façon secondaire de Madagascar et de Tanzanie. Trois pays qui « présentent un potentiel certain pour devenir des fournisseurs alternatifs à la Chine dans les années à venir »^1^.

  • Propriétés : excellente conductivité thermique et électrique, très stable à l’oxydation.
  • Localité : Chine (dominante), Mozambique, Madagascar
  • Social : exposition aux poussières fines, conditions précaires dans certaines mines artisanales.
  • Écocide : pollution de l’air (poussières de graphite), contamination de l’eau et des sols.
  • À savoir : la demande de graphite pour batteries pourrait tripler d’ici 2030.
  • Dans le smartphone : anodes des batteries lithium-ion, dissipation thermique et parfois dans les écrans (revêtements conducteurs).

Exemple: Cas de Cabo Degado (Mozambique)

Au Mozambique, dans la région de Cabo Delgado déjà ravagée par les conflits, les mines de graphite de Balama multiplient les impacts. Les compagnies Syrah Resources (australienne) et Tirupati Graphite (britannique-indienne) exploitent massivement les gisements. ​Le processus de purification du graphite génère des pertes colossales : 3 tonnes de paillettes de graphite naturel sont nécessaires pour obtenir 1 tonne de graphite sphérique utilisable dans les batteries. Ces 2 tonnes de résidus doivent être stockées quelque part. ​Les conséquences pour les communautés sont dramatiques :

  • Perte des terres agricoles sans alternatives économiques
  • Disparition de moyens de subsistance (l’industrie minière offre peu d’emplois locaux)
  • Destruction des cultures et des liens ancestraux avec la terre Comme le souligne un rapport de Business & Human Rights Resource Centre : « Il n’y a pas de remplacement pour les options de subsistance perdues… tout comme il n’y a pas de remplacement pour leurs cultures, car leurs vies sont intimement liées à leurs terres et forêts »^2^.

Sources: ^1^CDE ^2^Business and human rights centre